crédit photo ; Guylaine Blanchard / Pharmacie Julie Binette
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La population de la région de Valcourt aura désormais accès à des infirmières pour obtenir certains services hors du réseau de la santé. Une nouvelle clinique voit le jour, attenante à la Pharmacie Julie Binette affiliée à Uniprix.

Deux infirmières cliniciennes et une infirmière auxiliaire accueillent maintenant la clientèle dans des bureaux auparavant occupés par un denturologiste. L’ouverture officielle des locaux a eu lieu le mardi 12 mai dernier, coïncidant ainsi avec la Journée internationale des infirmières.

«On manquait vraiment d’espace, ce qui nous empêchait d’offrir tous les soins que l’on voulait. D’où l’idée de mettre en place une clinique dédiée aux soins infirmiers. Chaque infirmière a son bureau fermé, ce qui permet davantage de confidentialité», fait savoir Julie Binette, pharmacienne propriétaire de la pharmacie.

Johannie Martin (infirmière clinicienne et gestionnaire des soins infirmiers), Amélie Galipeau (infirmière clinicienne), Samalya Riendeau (infirmière auxiliaire), Marc Robillard (administrateur de la Pharmacie), Julie Binette (pharmacienne propriétaire), Andréanne Larouche (députée fédérale de la circonscription de Shefford), Mario Côté (maire de Racine), Pierre Tétrault (maire de Valcourt) et Daniel Lacroix (conseiller municipal à Valcourt). 
Johannie Martin (infirmière clinicienne et gestionnaire des soins infirmiers), Amélie Galipeau (infirmière clinicienne), Samalya Riendeau (infirmière auxiliaire), Marc Robillard (administrateur de la Pharmacie), Julie Binette (pharmacienne propriétaire), Andréanne Larouche (députée fédérale de la circonscription de Shefford), Mario Côté (maire de Racine), Pierre Tétrault (maire de Valcourt) et Daniel Lacroix (conseiller municipal à Valcourt).  (crédit photo : Guylaine Blanchard / Pharmacie Julie Binette)

«Accès plus facile à des soins»

Johannie Martin, infirmière clinicienne et gestionnaire des soins infirmiers croit que l’ajout de cette clinique répond à un besoin de la population.

«Compte tenu que nous sommes éloignés des grands centres et avec la complexité de l’accès à un médecin de famille, nos patients nous demandaient un accès plus facile à des soins. C’est pourquoi nous avons choisi de revoir nos stratégies de soins et de les bonifier.»

Celle-ci expose que certains de ces services étaient déjà offerts à la pharmacie par des infirmières, mais qu’ils étaient mal connus. «Les gens viennent surtout pour des prises de sang et des suivis de maladies chroniques. Ou encore le soin des plaies. Alors que ce qu’on offre est beaucoup plus large. Par exemple, en ce qui concerne les plaies, nous traitons aussi les plaies complexes, les brûlures ou les stases veineuses», spécifie-t-elle.

De fait, la gamme de services est très large : consultation santé voyage, évaluation cognitive et test de mémoire, nettoyage des oreilles, glycémie capillaire, prélèvements et analyses, prise de tension artérielle, traitement de verrue, vérification du glucomètre et tensiomètre, vaccination, etc.

La clientèle devra toutefois payer pour certains de ces services, compte tenu qu’ils sont offerts hors du réseau de la santé. Johannie Martin indique que les personnes assurées peuvent se faire rembourser par leur assureur. Et qu’il est aussi possible, dans certains cas, de déduire des frais dans son rapport d’impôts. «Il y a aussi certains services qui sont couverts et donc gratuits. Comme des vaccinations», fait-elle remarquer.

La clientèle aura accès à la nouvelle clinique par une porte sur le côté du bâtiment. Un accès existe aussi à l'intérieur de la pharmacie. 
La clientèle aura accès à la nouvelle clinique par une porte sur le côté du bâtiment. Un accès existe aussi à l’intérieur de la pharmacie.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Traitement possible de certaines maladies

On vient à peine d’ouvrir les locaux que Johannie Martin dévoile déjà que d’autres services s’ajouteront très bientôt.

«Nous allons collaborer avec un médecin de famille pour qu’il révise et signe des ordonnances collectives. Basé sur les protocoles de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS). Ce qui fera en sorte que des patients, qui arrivent ici avec des symptômes qui correspondent à certains critères, pourront être traités sur place par les infirmières. Comme par exemple des infections de la gorge à streptocoque et des infections urinaires. Et d’autres vont suivre prochainement.»

Johannie Martin, infirmière clinicienne et gestionnaire des soins infirmiers à la pharmacie.
Johannie Martin, infirmière clinicienne et gestionnaire des soins infirmiers à la pharmacie.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

«Notre force, c’est la collaboration»

«Ce qui est notre force, c’est la collaboration avec la pharmacienne Julie Binette », formule Johannie Martin.

Ce à quoi acquiesce Julie Binette.

«Le fait d’avoir avec moi une équipe d’infirmières permet vraiment d’offrir des soins plus larges à la population que ce qu’un pharmacien tout seul pourrait faire.»

Elle ajoute que cette coopération n’est pas chose courante partout au Québec.

«Ce n’est pas tous les pharmaciens qui sont à l’aise dans ce type de collaboration avec des infirmières. Certains souhaitent rester avec le modèle de distribution. Honnêtement, je pense que ce modèle de pharmacie est appelé à disparaitre. Nous avons maintenant tellement de nouveaux rôles que je ne comprends pas comment on pourrait seulement rester à distribuer des médicaments. On n’en est plus là. Il y a peu de médecins de famille et ils ne sont pas disponibles. Ce n’est pas de leur faute, c’est un gros problème systémique. Alors, si on est capable d’aider à désengorger le système, pourquoi on ne le ferait pas?»

Johannie Martin tient à préciser que ce travail d’équipe est bien balisé. La pharmacienne et les infirmières sont chacune responsables de leurs activités professionnelles respectives.

«Les soins infirmiers ne sont pas seulement offerts à la clientèle de la pharmacie. C’est ouvert à toute la population. Par contre, pour les suivis de maladies chroniques, en relation avec de la médication, le suivi doit être fait par la pharmacienne.»

L'équipe d'infirmières et la pharmacienne lors de l'ouverture officielle.
L’équipe d’infirmières et la pharmacienne lors de l’ouverture officielle.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

Les nouveaux rôles des pharmaciens

Depuis qu’elle a reçu son diplôme de pharmacienne en 2012, Julie Binette dit avoir vu évoluer sa profession. Elle l’illustre par les changements apportés par le projet loi 67, adopté à l’automne 2024 par l’Assemblée nationale. Cette loi modifie le Code des professions et vient élargir les champs des pratiques de nombreux professionnels de la santé. Le cadre réglementaire devrait en principe être finalisé à l’été 2026.

Des pharmaciens auront ainsi la possibilité de prescrire des médicaments de façon plus large, de prolonger des ordonnances, ou encore d’administrer certains médicaments.

«Par exemple, un patient qui fait de l’hypertension qui serait mal contrôlée avec la médication actuelle. On pourrait, de façon autonome, changer ou ajouter un médicament, si besoin. Ou encore prescrire des médicaments pour des conditions courantes comme des otites ou une cellulite bactérienne. Des choses qu’on ne pouvait pas faire avant», signale Julie Binette.

Julie Binette.
Julie Binette.  (photo : Sébastien Michon – Le Val-Ouest)

«C’est un bel ajout à la région»

Le maire de Valcourt, Pierre Tétrault, voit d’un bon œil l’ajout de cette clinique dans sa ville.

«C’est un beau service et c’est un bel ajout à la région. On ne peut pas demander mieux. Bien que les services du CLSC se soient améliorés, ça reste assez limité. Alors nous sommes très contents de tout ce qui se rajoute.»

Julie Binette précise que cette offre est complémentaire à ceux offerts par le réseau de la santé. «Nous souhaitons offrir un accès de proximité à des soins pour les gens de la région, sans se suppléer aux cliniques et au CLSC. Nous voulons vraiment travailler en collaboration.»

Julie Binette et Pierre Tétrault. 
Julie Binette et Pierre Tétrault.  (crédit photo ; Guylaine Blanchard / Pharmacie Julie Binette)

Complémentaire aux services du CLSC

Rappelons que le CLSC de Valcourt est un point de service du Groupe de médecine de famille (GMF) Val-Saint-François. Les patients peuvent compter sur la présence de cinq médecins, une infirmière et un travailleur social, a expliqué au Val-Ouest Nancy Corriveau, conseillère en relations médias du CIUSSS de l’Estrie – CHUS.

Ces cinq médecins couvrent l’ensemble du Val-Saint-François et sont basés à Valcourt. Toutefois, un patient ne peut pas se présenter sur place pour voir un médecin sans rendez-vous, prévient-elle. «Si on est un patient orphelin, sans médecin de famille, il faut composer le 8-1-1 et choisir l’option 3.»

Les services infirmiers du réseau public offrent des services tels que les changements de pansements, prélèvements, prises de sang, analyses d’urine, analyses de selles, etc. Le patient doit par contre être référé au CLSC par un médecin.

Une infirmière offre quant à elle des services en périnatalité. Et une travailleuse sociale s’occupe des jeunes jusqu’à 18 ans, incluant un soutien pour les parents. «Il y a plein de situations où une travailleuse sociale peut être utile. Par exemple, une famille avec un enfant autiste pourrait demander du soutien pour apprendre à l’enfant certaines tâches par le biais de pictogrammes. Ou encore pour la gestion des émotions», renseigne Nancy Corriveau.

Il existe également une clinique jeunesse à Richmond, qui offre aux jeunes de 12 à 25 ans des services en lien avec leur santé sexuelle. Les jeunes de la région de Valcourt peuvent y recourir.

Pour la prise de rendez-vous : Clic Santé

Autant pour les services du CLSC que pour ces nouveaux services infirmiers de la pharmacie, la population doit recourir au portail web Clic Santé du gouvernement du Québec. Dans le cas de la clinique infirmière, il faut choisir l’option «avec frais» pour choisir un service et prendre rendez-vous. Johannie Martin souligne qu’il est aussi possible d’appeler directement à la pharmacie.

 

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